Fashion, Take-off
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VINCENT LEMANCEAU – SURFIN ESTATE

Vincent Lemanceau - Surfin Estate

Skateur et surfeur depuis sa plus tendre enfance, Vincent a toujours eu une sensibilité accrue pour la mode. Alors pour partager ce style de vie, il lance en 2011 le blog Surfin Estate qui propose une vision différente de l’univers de la glisse inspirée par la mode, l’art et la musique. Quatre ans plus tard, Surfin Estate est devenu une marque et Vincent vient d’ouvrir avec ses associés un premier concept store à Hossegor.

Où as-tu grandi ?

J’ai grandi sur le bassin d’Arcachon à Claouey qui signifie « le clou » en gascon, c’est sur la presqu’île de Lège-Cap-Ferret. Dans les années 80/90 c’était le haut lieu du skate en Europe, j’ai donc commencé le skateboard très tôt, j’avais 6-7 ans. A 10 ans, un surf shop s’est installé à côté de chez moi et c’est à ce moment là que j’ai pris ma première vague.

Tu viens de créer ton concept store, comment en es-tu arrivé là ?

Après le bac, je suis parti à l’UCPA pour passer mon BE de surf que j’ai eu en septembre. Mais comme je ne m’étais pas inscrit à la fac, je me suis retrouvé à la rentrée à ne pas savoir quoi faire. Mon parrain qui avait un groupe de transport m’a proposé de faire de l’audit de gestion. J’étais ses yeux sur le terrain entre Marseille, Nantes et Paris. Paris ça m’a ouvert les yeux, j’ai adoré.

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En tant que surfeur, l’océan ne t’a pas manqué ?

Si, au bout d’un certain temps j’ai ressenti un vrai appel de l’océan, une envie de retour aux sources. Je savais qu’il y avait un projet de maison de la glisse à Lège-Cap-Ferret. Le Maire m’a confié le développement du Surf Club de la Presqu’île où j’avais à disposition une grosse maison de la glisse de 300 m2. En 4 ans, on est passés de 2 moniteurs à 10 en saison et de 50 licenciés à 400.

Le club arrivant à maturité, j’ai eu envie de changer. En 2007, je suis venu m’installer à Anglet pour m’occuper du flagship d’OXBOW, en tant qu’adjoint de boutique et très vite je suis passé manager. J’ai ouvert des magasins sur la côte ouest et dans le sud de la France avec des missions complémentaires de marketing local.

A l’arrivée de Baptiste Caulonque à la Direction d’OXBOW, je me suis occupé du marketing sportif où j’étais en charge de toute la création de contenus et d’évènements autour de la marque et des athlètes entre Bordeaux et Anglet. Malheureusement, un groupe Suisse a racheté le groupe et s’est séparé de Baptiste et d’une bonne partie de l’équipe dirigeante. Ca a été dur, les gens étaient démotivés.

Comment as-tu rebondi ?

Je ne suis pas resté, j’avais vraiment envie de me rapprocher de ma famille et je me suis dit que je pouvais profiter d’un départ pour me diplômer. J’ai donc intégré l’ESC Pau pour faire un master en business et management en 2014. Les différents cours que j’ai suivis m’ont donné envie d’entreprendre et de me lancer.

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Tu avais déjà une idée concrète de ce que tu voulais faire ?

Avec le label Surfin Estate, je voyais quelque chose mixant un shop physique et un lieu de vie. L’objectif était de valoriser le patrimoine du surf avec notre vécu et nos inspirations.

« On n’était pas des champions mais on connaissait l’océan et on avait envie de partager nos expériences. »

C’est quelque chose que tu avais commencé à faire avec le blog Surfin Estate ?

Oui, l’idée de départ était de proposer une conception différente de l’univers de la glisse inspirée par la mode, l’art et la musique qui me paraissait plus adéquate que ce que proposaient les marques. Assez naturellement, c’est devenu un collectif, on était plusieurs à partager la même vision. On n’était pas des champions mais on connaissait l’océan et on avait envie de partager nos expériences. On pouvait faire un post sur une expo parisienne, un autre post, sur une session de surf ou encore sur un voyage qu’on avait fait…

Vous avez ouvert début juillet, à quoi ressemble le shop ?

L’espace étant suffisamment grand, nous avons développé un coin convivial avec l’espace café, un club avec la location de planches de surf haut de gamme et un espace bureau/production sur la mezzanine pour développer notre propre gamme de vêtements avec des t-shirts, des sweats et des sacs.

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Le concept va-t-il évoluer ?

Oui, l’idée c’est d’animer davantage le lieu en faisant des expositions, des événements, des concerts, etc. Ce que l’on veut c’est proposer une expérience. Et cet hiver on lancera notre site e-commerce avec nos produits Surfin Estate.

Qui est-ce qui réalise les logos, les designs ?

C’est le collectif. Ça fait longtemps, déjà en 2012 on avait sorti une première ébauche de collection avec plein de designs et donc on a pris les meilleurs.

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Y-a-t-il des marques qui vous inspirent ?

Etudes Studio  et Acne, ce sont des marques qui proposent des collections très réduites.

Le skate est également hyper influent dans le monde de la mode avec Palace, Polar et Magenta qui ont revisité la façon de skater et de s’habiller.

Pourquoi Hossegor ?

Je trouve que l’environnement est assez sain sur un plan surf. Il y a des vagues encore vierges à surfer, dès qu’on s’éloigne un peu on arrive encore à surfer seul. Il y a une belle scène skate dans la zone, des bowls fleurissent de partout. C’est un lifestyle assez unique d’avoir ces pins, ces vagues et ces bowls.

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« Je trouve assez incroyable qu’il y ait des visionnaires qui arrivent à dire : « ok, le pantalon sera large cette année ». »

D’où vient cette sensibilité que tu as pour la mode ?

J’ai toujours eu cette affinité avec le produit et avec les histoires. Je trouve assez incroyable qu’il y ait des visionnaires qui arrivent à dire : « ok, le pantalon sera large cette année ». Les grandes maisons de luxe sont là aussi pour transmettre un héritage français, avec leur savoir-faire des matières et les histoires qu’elles racontent autour des collections.

Et aujourd’hui comment choisis-tu les marques avec lesquelles tu travailles ?

L’idée, cette année c’était d’avoir un panel de marques françaises complémentaires typées surf et skate comme Hoalen, Homecore, Magenta ou encore K-Way. On souhaitait un vestiaire assez étroit avec des pièces plutôt classiques, sans être très avant-gardistes mais qui correspondent à l’image qu’on voulait donner.

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Pourquoi avoir choisi de vendre seulement des vêtements pour homme ?

Pour des raisons de timing. Aujourd’hui trouver des usines en France, faire des échantillons, dessiner les patrons, c’est très long et du coup on ne pouvait pas tout faire. On a trois produits en trois références, dupliqués en plusieurs couleurs. On s’est dit que c’était plus sage de se concentrer sur quelques modèles et de bien les faire.

« L’idée c’était d’avoir une ouverture sur la pratique, de proposer différents types de planches, plus larges, plus épaisses, plus friendly et de travailler sur cet éveil, cette prise de conscience pour s’éclater. »

Et les planches alors ?

On a toujours été passionnés par les planches et par les prémices du surf. Aujourd’hui, ce qui nous paraissait important c’était de pouvoir partager une analyse et des sensations.

L’idée c’était d’avoir une ouverture sur la pratique, de proposer différents types de planches, plus larges, plus épaisses, plus friendly et de travailler sur cet éveil, cette prise de conscience pour s’éclater.

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Comment avez-vous financé votre projet ?

Le financement est principalement personnel et on a fait appel au « love money », c’est-à-dire le Business Angel familial. Nous sommes avant tout des commerçants et l’avenir du projet passe par une bonne gestion et une optimisation de nos points de ventes (physique, digital et boutiques partenaires).

Est-ce que ça a été compliqué pour toi de te lancer ?

C’est toujours flippant parce que c’est un investissement qui est lourd. Il y a un parti pris très fort et donc il faut se dévoiler et dire ce que l’on pense. C’est très ambitieux de faire des vêtements français, fabriqués en France qui vont être chers. L’idée c’était de répondre à des convictions personnelles et de participer à l’éveil des gens sur le sens des produits.

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Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite créer sa propre marque ?

Je lui dirais d’être à l’écoute, d’avoir une analyse fine du marché et des attentes, et de ne pas prendre de risques.

Pourtant, tu en as pris toi ?

Oui, mais ce sont des risques plus ou moins maîtrisés… Aujourd’hui on a un positionnement différenciant, on connaît le business et ses enjeux et on est bien entourés.

Dans 10 ans comment vois-tu ton concept évoluer ?

Je vois une collection complète Surfin Estate, avec une gamme plus large, plus aboutie. Je vois toujours de belles planches que nous fabriquerons sous notre label, du bon café et ce que j’aimerais, ce serait de pouvoir dupliquer ce concept store dans des villes pour avoir un rayonnement de la marque plus large… avec une présence forte sur internet.

DEEP INSIDE…

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Surfin Estate

*

Interview : Stéphanie Godin et Adeline Bettinger

Photos : Adeline Bettinger

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3 commentaires

  1. J’ai eu le plaisir de t’observer dans ton travail et j’étais sûr que tu ferais parti de ces étoiles, qui savent avoir la détermination suffisante pour réaliser de grands et beaux projets. Tous mes vœux de réussite, tu le mérite.

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Surfin' Estate : le concept store idéal | Le blog à Nunien

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