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ROMAIN JAMET – LASTAGE

Romain a 20 ans lorsqu’il quitte Lyon pour aller étudier sur la côte basque et vivre pleinement sa passion pour le surf. En Master, il rencontre Matthieu et ensemble ils créent en 2008 Lastage, une marque de shorts de bain respectueuse de l’environnement qui veut faire avancer les mentalités.

Romain, où as-tu grandi ?

Je suis d’à côté de Lyon mais j’ai suivi le cheminement des mecs qui découvrent le surf, deviennent passionnés, et qui au bout d’un moment se disent qu’il faut s’installer sur la côte.

Tu as découvert le surf à quel âge ?

A 12-13 ans. J’ai attendu d’avoir 18 ans pour partir de chez mes parents et enchainer sur deux ans de STAPS à Lyon. Quand j’ai appris qu’il existait une filière management des sports de glisse à Bayonne, j’ai filé.

« Je me suis dit qu’il était possible de créer une marque respectueuse de l’environnement tout en ayant ce côté un peu décalé. »

C’est là qu’est née ton envie de créer une marque de boardshorts écolo ?

Oui, l’idée m’est venue en Master. On était proches de l’environnement, les week-ends j’étais à la montagne, la semaine je surfais, on était rock’n’roll et je me suis dit qu’il était possible de créer une marque respectueuse de l’environnement tout en ayant ce côté un peu décalé.

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Comment as-tu démarré ton projet ?

Pendant ma dernière année de Master, j’ai intégré un incubateur à Bidart pour étudier la faisabilité du projet. Matthieu De Tarlé, un pote rencontré sur les bancs de la fac, m’a rejoint une fois le projet mature. Après un an d’incubateur, on a décidé de lancer Lastage et on s’est installés dans un petit bureau à Biarritz.

Et comment avez-vous financé le lancement de Lastage ?

On est partis avec 10 000 euros, c’est-à-dire pas grand chose. On a raclé nos fonds de tiroirs, ce qui nous a permis de lancer notre première ligne de t-shirts pour tester notre logo.

Du coup, pour continuer notre activité, on a suivi le cheminement de l’entrepreneur. On a fait une opération de « love money », c’est-à-dire que nous avons cherché des gens autour de nous qui avaient envie d’investir de petites enveloppes dans notre projet, et comme ça a marché, on a fait une levée de fonds auprès d’investisseurs privés.

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Pourquoi une marque de boardshorts ?

Parce qu’on est des spécialistes de l’été. Avec l’essor des disciplines alternatives comme le stand-up paddle, le cable wake, le sauvetage côtier, tout le monde est amené à porter des boardshorts même au milieu de la France.

Ils sont en matière recyclée vos boardshorts ?

Oui, ils sont en Repreve qui est de la bouteille plastique recyclée mélangée à du stretch. C’est une matière hyper légère, hydrophobe et qui sèche très rapidement. Nous développons également des produits connexes tels que des t-shirts ou des sweats en coton 100% bio labellisés Organic Exchange.

Qu’en est-il des produits hiver ?

Depuis cette année on travaille la chaussette made in France livrée dans une boîte de camembert, ça fait un carton. On réfléchit aussi à d’autres produits comme des gros pull-overs made in France et quelques collections capsules.

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Comment sélectionnez-vous vos fournisseurs ?

Je me suis servi de la liste diffusée par Patagonia. J’ai appelé tous les pays de référence dans le textile pour me renseigner sur le sourcing des produits pour m’apercevoir qu’en Turquie, qui est aux portes de l’Europe, on avait des produits vachement bien, avec des entreprises hyper impliquées. On travaille aussi avec la Chine, le Portugal et bien sûr, la France.

On a vraiment une logique globale vis-à-vis de notre conception. On regarde d’où vient la matière première, qui va la transformer, qui va l’assembler et comment on va l’envoyer.

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« Comme on n’avait pas les moyens d’embaucher un Kelly Slater pour promouvoir notre marque, on a proposé à Monsieur Tout le Monde d’être ambassadeur de Lastage. »

Vous vous êtes faits connaître via un système de distribution innovant, le VIP deal, peux-tu nous en dire plus ?

On avait identifié que la distribution était de plus en plus verticale, on a donc lancé un système de vente en réseaux comme Tupperware. Comme on n’avait pas les moyens d’embaucher un Kelly Slater pour promouvoir notre marque, on a proposé à Monsieur Tout le Monde d’être ambassadeur de Lastage et de revendre nos produits à leur réseau.

On a fait des rencontres géniales avec des mecs leaders d’opinion, qui, grâce à leur passion, avaient une force de propagande énorme et qui arrivaient à parler de la marque comme on en parle nous. C’est comme ça qu’on s’est fait connaître, on a bâti notre petite armée.

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L’écologie c’est pas très fun, comment avez-vous affirmé le côté rock’n’roll de la marque ?

On a fait de l’événementiel pas chiant. On a créé le Zarbi Tour, une compétition de surf et de snowboard déguisée sur deux week-ends. Il y avait une grosse partie festive, une partie sportive et déguisée qu’on a réussi à lier avec de la solidarité. A travers ces événements on faisait la promotion de différentes associations à but sociétal et environnemental et on leur faisait une donation. Par exemple, une année au lieu de demander des inscriptions, on avait placé un caddy à l’entrée de la plage et on demandait à chaque participant d’amener de quoi manger pour les Restos du Cœur.

Vous avez décidé d’arrêter au bout de huit éditions, pourquoi ?

C’était nos premières opérations de com, bien sauvages, bien trashy, du coup on a fait des soirées monumentales. On a arrêté parce que c’était énormément de temps à organiser. Nous avons revu notre stratégie marketing en nous orientant vers le web, et dans la logique on est partis sur la production d’une web-série surf décalée « Bienvenue chez les boops » dans laquelle nous voulons ajouter une touche de sensibilisation au respect de l’environnement.

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« Aujourd’hui, le marché de masse fait comprendre au consommateur qu’il est plus facile d’acheter trois t-shirts de merde que d’acheter un t-shirt de qualité. Et nous, on essaie de se battre contre ça. »

Le respect de l’environnement, c’est la base même de votre message ?

L’idée est d’arriver à avoir un marketing intelligent. On veut montrer que derrière les supers barrels que nous montrent les marques de glisse, il y a aussi une réalité ; que nos actions, notre façon de consommer, ont un impact sur l’environnement.

Aujourd’hui, le marché de masse fait comprendre au consommateur qu’il est plus facile d’acheter trois t-shirts de merde que d’acheter un t-shirt de qualité qu’on va garder. Et nous, Lastage, on essaie de se battre contre ça.

Le message que nous voulons faire passer est qu’aujourd’hui l’industrie a besoin de gens plus cleans qui ont une réelle logique de développement durable et d’éco-conception.

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Comment agis-tu au quotidien pour préserver l’environnement ?

Ça commence par des gestes simples comme trier ses déchets, venir travailler à vélo, faire attention à l’origine et à la composition des vêtements que je porte…

Sur nos événements, c’est la même chose, on essaie de rester clean, c’est une culture, un état d’esprit. On n’a pas une vision radicale de l’écologie, on aime bien manger, on aime bien boire, on est comme tout le monde mais on a une vision établie. On n’est pas en train de faire les moralisateurs, si tu bois, si tu fumes, c’est ton choix, mais tu jettes ta clope ou ta bouteille dans une poubelle.

Où peut-on trouver vos produits ?

On a un site e-commerce et deux magasins, un à Biarritz et un à Guidel en Bretagne. Notre objectif pour demain est de rentrer dans les shops. On a fait quelques tests et nos produits se sont très bien vendus. Nous travaillons actuellement sur notre structuration pour devenir une marque sur laquelle les détaillants pourront compter. Ça fait partie de notre nouvelle stratégie qui s’accompagne d’une deuxième levée de fonds.

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Comment vends-tu ta marque aux shops ?

On leur propose des produits de qualité, respectueux de l’environnement, stylés et innovants. D’ailleurs ça fait trois ans que nous travaillons avec des ingénieurs produits et des membres de notre team, comme le Champion du Monde de bodysurf, Fred David, sur notre système de fermeture des boardshorts scratchage 2 qu’on a breveté en juin 2014. Nous bossons actuellement sur de nouvelles innovations qui devraient en surprendre plus d’un… mais chut !!! On propose également de la personnalisation de boardshorts pour les magasins, et là, on équipe tous les clubs de sauvetage côtier du Pays Basque et trois clubs de surf.

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Quelles sont tes bonnes résolutions pour 2016 ?

Surfer plus, travailler moins ! (rires)

Non, c’est de rester à l’écoute des gens qui nous entourent parce que qu’on ne peut pas être toujours à fond la caisse.

Et dans dix ans, tu te vois comment ?

Gros, avec des lunettes et sans cheveux sur le casque ! (rires)

Non ! J’aimerais que Lastage grandisse pour devenir un porte-parole éco-engagé franco-européen dans le monde du surf à l’international. Du coup c’est un gros challenge mais on aime bien les défis !

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DEEP INSIDE…

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Lastage

*

Interview : Stéphanie Godin et Adeline Bettinger

Photos : Adeline Bettinger

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