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ANTHONY CAZOTTES – ELECTRIC EUROPE

Anthony Cazottes - Electric Europe

Depuis l’âge de 21 ans, Anthony n’a eu cesse de se confronter à de nouveaux challenges et de cumuler les expériences dans les Action Sports. Il s’est construit petit à petit pour devenir 15 ans plus tard le Directeur Général Europe de la marque d’accessoires Electric.

Vivre sur la Côte Ouest, est-ce un choix prémédité ?

J’ai découvert l’océan assez tardivement, à l’âge de 19 ans, à l’occasion d’un séjour à Biarritz. J’étais complètement fasciné par l’endroit où se mélangent bâtiments les Haussmanniens et les surfeurs qui traversent la route pieds nus… Je me suis dit qu’un jour je viendrai vivre à Biarritz.

Quelles études as-tu suivies ?

En fait, je suis à moitié anglais et par facilité j’ai choisi de faire des études de langues que j’ai poussées jusqu’en licence. J’ai terminé mon cursus par un stage en Californie chez Rusty grâce à mon oncle qui était le designer de Redsand, une marque du même groupe à l’époque et je suis revenu avec la conviction qu’il fallait que je travaille dans l’univers de la glisse.

Anthony Cazottes showroom Electric Europe

Quel a été ton parcours avant de prendre la direction d’Electric ?

J’ai décroché mon premier job chez Quiksilver à l’âge de 21 ans en tant que Merchandiser pour l’Angleterre et l’Irlande. Très rapidement, on m’a nommé représentant pour la ligne homme puis pour une partie des grands comptes nationaux anglais. Je suis ensuite rentré en France où j’ai restructuré l’intégralité du réseau de distribution des fins de série du groupe Napali.

En 2004, Quiksilver rachète DC Shoes et me nomme Directeur Commercial pour la France, ce qui était pour moi à 27 ans une expérience extraordinaire. Ca m’a permis de commencer à gérer des hommes et une marque à part entière sur un territoire donné.

En 2008, j’ai réussi à décrocher le poste de Directeur Commercial Europe chez Nixonj’ai appris énormément de choses, notamment sur l’horlogerie, une distribution que je ne connaissais pas.

En 2013, j’ai décidé de suivre le nouveau Directeur Général d’Oxbow, qui avait le projet ambitieux de rebooter la marque. Mais l’actionnariat a changé le jour où je suis arrivé dans la boîte et n’était plus en phase avec le projet initial pour lequel j’avais signé, je n’avais donc plus de raison de rester.

Et la suite, ça s’est fait comment ?

Je suis rentré chez Electric au mois de mai 2013 à la Direction Commerciale. A l’époque, la marque était en pleine mutation identitaire avec un changement d’orientation stratégique. Un mois après mon arrivée, l’équipe dirigeante aux Etats-Unis et notamment Eric Crane qui est le CEO d’Electric, avec qui j’avais travaillé chez Nixon, m’a proposé le poste de Directeur Général.

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C’est un nouveau challenge de devenir chef d’entreprise ?

Une fois qu’on connait ce qu’on a dans les mains et qu’on sait où on veut aller, il suffit juste de faire un bilan de la société pour ensuite faire les changements nécessaires pour accompagner la nouvelle stratégie. Il nous aura fallu presque 2 ans pour mettre en place une structure qui réponde à nos attentes, ce n’est pas simple mais le challenge est d’autant plus excitant. Aujourd’hui, on a une entreprise qui fonctionne et une équipe qui est forte avec une vraie envie de travailler, on sent que la marque leur appartient et qu’ils ont envie de la défendre, et ça pour moi c’est une réelle satisfaction.

«  Pour moi, le plus important c’est de recruter une équipe qui soit capable de mouiller le maillot. »

Quelles relations entretiens-tu avec tes équipes ?

J’ai joué au rugby durant pratiquement toute ma vie et c’est une vraie école de la vie qui permet de comprendre le travail de groupe où l’humain est au centre de l’équipe. S’il n’y a pas d’humain, il n’y a pas d’équipe, donc pas de match et par conséquent pas de victoire. Pour moi, le plus important c’est de recruter une équipe qui soit capable de mouiller le maillot et de défendre un projet commun.

Je ne crois pas au management pyramidal avec un patron qui impose ses choix arbitrairement, je donne beaucoup de liberté aux salariés en les responsabilisant, ensuite c’est à eux de diriger leur périmètre et d’y trouver des succès.

showroom Electric Europe

Est-ce que vous partagez aussi des moments en dehors de l’entreprise ?

Oui bien sûr, c’est très important, du surf le midi, les fêtes de Bayonne, Noël, des apéros de temps en temps et plusieurs fois par mois un petit déjeuner ensemble au bureau.

Vous avez changé de stratégie en 2013, c’est quoi la nouvelle marque Electric ?

On constate que notre cœur de marché a évolué et que notre clientèle aspire à autre chose, elle a envie de produits mieux travaillés et plus élégants. On a donc fait évoluer Electric pour accompagner le consommateur d’il y a 15 ans dans sa trentaine ou sa quarantaine tout en gardant notre légitimité chez les 15-25.

Pourquoi partir du solaire et faire de la montre ?

C’est assez logique en fait, si on observe ce que proposent les marques de luxe dans l’accessoire homme, on s’aperçoit que la montre et la lunette vont de paire. On fabriquait des solaires, il nous manquait la montre. Le lancement de la montre en 2013 était donc naturel et nous permet d’avoir un business annuel plutôt que saisonnier comme peuvent l’être le masque de snow et la lunette.

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Vous avez une gamme de textile également ?

Oui, mais qui est assez basique, c’est du T-shirt, du sweatshirt. En fait, le textile c’est l’accessoire de notre marque.

Ça ressemble à quoi ton quotidien ?

Le matin, je m’occupe d’emmener mes enfants à l’école avant d’aller au bureau. Je prends un café avec mes collègues en arrivant et je démarre ma journée qui est souvent ponctuée de meetings. Le midi, soit je vais surfer, soit je mange avec ma femme parce que j’ai la chance inouïe de pouvoir rentrer à la maison entre midi et deux, ou alors je déjeune avec mes collègues. En principe, je finis assez tard. J’aime bien travailler le soir et il y a souvent des conf calls avec les américains qui sont en décalé. Je rentre chez moi vers 19h30-20h juste à temps pour lire une histoire à mes enfants et les coucher.

Bureaux Electric Europe

« Il ne faut pas perdre de vue qu’on ne sauve pas des vies, on est juste en train d’essayer de faire rêver des gens à travers des produits et du marketing. »

Qu’est-ce qui te nourrit au quotidien ?

C’est l’envie de réussir, de faire les choses bien, d’aller jusqu’au bout et de ne pas faire les choses à moitié. Ce qui me passionne dans la vie, c’est de travailler dans un environnement qui me plaît, avec des gens sympas. Avec Electric, on est partis de loin même si la marque avait déjà une très bonne réputation, et je suis moi-même assez bluffé de voir où on en est aujourd’hui. Mais je me répète toujours qu’il ne faut pas perdre de vue qu’on ne sauve pas des vies, on est juste en train d’essayer de faire rêver des gens à travers des produits et du marketing. Il est important de relativiser.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un qui veut faire carrière dans le milieu de l’Action Sports ?

De le faire par passion, d’aller jusqu’au bout des choses et d’être patient. J’ai constaté en recrutant des stagiaires dans le passé, qu’ils sont souvent impatients, qu’ils veulent avoir de suite des jobs à responsabilités avec de gros salaires. C’est pas comme ça que ça marche, il faut faire ses preuves d’abord. Dans mon cas personnel, je suis vraiment parti du bas de l’échelle, j’ai travaillé dur et j’ai été patient.

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Pour toi, être adhérent EuroSIMA ça t’apporte quoi ?

Ça renforce notre collaboration avec les autres marques de l’industrie, ça c’est très important. Aujourd’hui, j’ai vraiment envie qu’Electric participe aux dialogues et aide quand elle peut aider et à l’inverse qu’on puisse nous aider quand on en a besoin. Faire partie d’EuroSIMA me permet de représenter la marque, de parler de ce qu’on est en train de réaliser et de nos projets futurs. Plus nous aurons d’adhérents autour des projets de l’EuroSIMA plus notre voix portera.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour le futur ?

De réussir le projet qu’est Electric, professionnellement c’est ce qui m’importe le plus.

DEEP INSIDE…

Anthony Cazottes

–  Electric  –

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Interview : Stéphanie Godin et Adeline Bettinger

Photos : Adeline Bettinger

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